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Carnaval de Venise.

Venise - le plus beau carnaval au monde

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Dernières dépêches de Venise - Informations générales

 

Hier soir, au célèbre théatre de la Fenice, six cents convives ont participé à la réédition d'un bal du 18ème siècle.

La folle nuit de la Cavalchina au Carnaval de Venise

Pulversheim Le carnaval de Venise tombe les masques


Richard Wagner
Tristan und Isolde
, 1865

L’opéra de Wagner évoque la souffrance de son auteur qui dans sa vie personnelle ne trouve pas de satisfaction profonde. Chez l’auteur du Vaisseau Fantôme, de Lohengrin et de Tannhäuser, tout désir ne peut se réaliser que dans un embrasement radical qui échauffe toutes les ressources de l’être. L’exaltation du sentiment emporte raison, recul, pondération. La vie de Richard Wagner est une exacerbation sensorielle,  assumée et cultivée comme telle. Son mode, est la passion. Au demeurant, la partition de Tristan ne serait-elle pas, la sublimation idéalisée et esthétique d’une libido déchaînée et même vorace qui a connu voire collectionné une riche palette de victimes consentantes : proies ancillaires, compagnes illégitimes…

Zürich, 1857
En 1857, Wagner, à Zürich, est l’hôte des Wesendonck. Le musicien qui a trouvé auprès de ses nouveaux amis, des admirateurs zélés et réceptifs, tombe bientôt amoureux de la belle Mathilde, l’épouse de son « protecteur » bienveillant. Dans l’enthousiasme de son désir croissant, le compositeur dédie le futur livret de son opéra, Tristan und Isolde, à Mathilde. Mais l’épouse légitime, Minna, intercepte la déclaration écrite de Wagner adressée à l’aimée. Le scandale se précise : cris, déchaînements, impuissance, menaces de divorce ! Déprimé, parce que Mathilde se rétracte, Wagner fuit à Venise, pour y terminer la partition de Tristan. Les eaux de Venise se font miroir de sa langueur amoureuse. A l’époque où Flaubert conçoit Madame Bovary (1857), portrait clinique d’une romance provinciale, brossée sans complaisance, avec cette acuité cynique et réaliste de l’auteur d’Un Cœur Simple, Wagner a contrario, fixe à jamais, les effluves irrésolus d’un amour maudit, irrésistible par son aimantation, irréalisable cependant dans sa manifestation. Tristan meurt d’amour, Isolde ne cesse de chanter les effets d’une fusion toujours remise.

Eaux de Venise, plaie de Tristan
Comme plus tard Amfortas dans Parsifal, dont la plaie coule sans interruption, les blessures de Tristan demeurent à vif : le sang de l’amour quitte le corps malade qui n’en finit pas de s’épuiser. Wagner a écrit la plainte du héros en écoutant le chant d’un gondolier à Venise. Les eaux de Venise portent finalement le deuil des amants. La ville inondée lui inspire la ligne nostalgique et profonde, énigmatique du chalumeau au début de l’acte III. Atroce solitude, irrépressible agonie, chant gémissant sur des eaux létales. C’est à Venise que Wagner meurt, son corps transporté en gondole (1883). Liszt se souviendra d’une image saisissante, liant définitivement la ville du Titien et de Monteverdi au spectacle grandiose et solennel du dernier séjour de Wagner, dans Funèbre Gondole. Désormais, les eaux de Venise ne peuvent être que létales et fascinantes.
Comme un miroir liquide, la partition de Tristan n’en finit pas de fasciner par sa surface liquide, en ses reflets vacillants, fixant à jamais, en un accord jamais résolu, la forme évanescente d’une partition devenue le manifeste du romantisme germanique.
Source : http://www.classiquenews.com/applaudir/lire_article.aspx?article=2188&identifiant=2008818MKF7JF8SZQR9OJS0Z7A1FCOYV

Destination Venise

Fini, les vieux clichés : la Sérénissime a pris un nouvel élan en attirant les plus grands événements et la planète art contemporain.

Sous la bâche géante à la pointe de la Douane de mer, un ballet de grues et d'ouvriers s'active, sous un soleil de plomb. Venus visiter la célèbre église Santa Maria della Salute, chef-d'œuvre baroque de Baldassare Longhena qui a inspiré Turner, Guardi ou Monet, les touristes, plus nombreux que jamais en ce mois d'août, s'interrogent sur les travaux de la future fondation ­François Pinault qui doit ouvrir en juin 2009, deux mois avant la Biennale de Venise. C'est l'événement phare de l'art contemporain avec sa folie de dîners et de fêtes, alternant avec la Biennale de l'architecture (nos éditions du 30 juillet 2008), certes moins ­glamour, qui se tiendra du 11 au 13 septembre dans les Giardini et à l'arsenal.

La bataille remportée par le milliardaire breton pour obtenir ce lieu stratégique d'environ 5 000 m² contre la Fondation ­Guggenheim, finalement écartée de la liste des prétendants (nos éditions du 15 octobre 2007) , donne un formidable élan contemporain à la Cité des doges. Dans ces anciens bâtiments désaffectés depuis trente ans et rénovés par l'architecte japonais Tadao Ando, la collection Pinault dévoilera ses trésors, principalement les pièces monumentales impossibles à présenter au Palazzo Grassi. Le propriétaire de ­Christie's avait réinvesti, en avril 2006, ce lieu mythique sur le Grand Canal dirigé à l'époque par l'ex-ministre de la Culture Jean­Jacques Aillagon.

Le centre a perdu 60 % de sa population

Brusquement alors, la «Belle endormie» était électrisée par le cœur géant rose bonbon de Jeff Koons, roi des dernières enchères de New York. Les clichés nostalgiques de Mort à Venise, des fastes du carnaval avec ses masques et tricornes ou de Casanova se faufilant par des portes dérobées, comme celle du palais Ca'Bragadin de Pierre Cardin à San Polo - une de ses fiertés ! - se trouvent d'un coup balayés. La ville mythique bâtie au fil des siècles sur 118 îlots, séparés par 177 canaux et réunis par 400 ponts surfe désormais sur la vague contemporaine en étant au fait des grands événements - n'oublions pas la Mostra et ses lions d'or - et en attirant tout le gratin de la planète art.

Les amoureux de Venise, particulièrement les Parisiens, sont de plus en plus nombreux - mais toujours aussi discrets - à vouloir séjourner dans ce microcosme qui risque de devenir une coquille vide : en quarante ans, le centro storico a perdu 60 % de sa population. Peu importent les hordes de touristes dans les ruelles étroites et sur la place Saint-Marc envahie de pigeons. Le charme de la ville qui a troqué ses petits commerces contre des échoppes de souvenirs (faire ses courses est devenu un parcours du combattant !) opère toujours autant.

Une fascination éternelle

Depuis 2001, l'académicien Pierre Rosenberg, ex-président-directeur du Musée du Louvre, a élu domicile au Palazzo Brandolini (du nom de la maîtresse des lieux) comme la mécène de San Francisco, Dodie Rosekrans, qui collectionne les champignons géants de Sylvie Fleury ou les animaux étranges de Jean-François Fourtou. Il y a les vieux habitués comme le marchand parisien Claude Bernard, le commissaire-priseur Jean-Claude Binoche, l'expert en tableaux Élisabeth Royer, les galeristes Pierre et Marianne Nahon qui sont en train d'aménager un nouveau palais sur un petit canal dans le quartier de Castello.

Il y a aussi les nouveaux, comme le couple Xavier et Sigrid de Montrond qui recevront en septembre la délégation française de la Biennale d'architecture dans leur Palazzo Bragadin, calle de Caffettier à Castello. La décoratrice a donné sa touche par d'épais rideaux de lin à cet édifice aux plafonds peints baroques encore dans leur jus. La fascination qu'exerce Venise est éternelle comme le montrera l'exposition magistrale de la rentrée, à la Fondation Beyeler, avec 150 œuvres, de Canaletto à Monet. Mais pendant l'été, Venise reprend sa respiration dans l'étuve de la lagune.

Source : http://www.lefigaro.fr/culture/2008/08/18/03004-20080818ARTFIG00253-destination-venise-.php

 


Verdi, Sanxay, la musique au chœur

La pièce donnée hier soir est sans doute l'une des plus impressionnantes du répertoire verdien. Les musicologues ont très souvent débattu, depuis sa création en 1873 à Venise, pour déterminer si cette messe était ou non un monument de musique religieuse. Tant sont intenses et vivaces les résurgences de l'opéra dans cette partition.
Mêmes récitatifs, mêmes airs développés mettant en avant le talent des solistes…
Qu'importe après tout… Ce que l'on peut à coup sûr affirmer c'est que Verdi l'agnostique a trouvé dans ce grand œuvre l'occasion de communier en musique avec les mystères de l'au-delà.
Nombreux ont été, au fil des années depuis la création, les chanteurs appelés à se confronter à ce Requiem. Hier soir à Sanxay, le défi était entre les cordes d'un magnifique quatuor. Roxana Briban, la soprano roumaine, habituée du lieu, échappée spécialement du festival de Salzburg où elle chante Aïda, prolongeait brillamment une relation charnelle avec Sanxay entamée l'an passé avec « Le Trouvère ». Verdi déjà !
Kate Aldrich, la mezzo soprano qui monte au firmament de l'art lyrique, donnait dès le « Kyrie » et plus encore dans le « Dies Irae », par la profondeur de ses notes basses, toute l'intensité dramatique de la partition.
Gwyn Hugues Jones, le ténor gallois, a donné dès la première partie (occupée par la célébrissime ouverture de la Force du Destin) la mesure d'une voix riche et puissante, parfois un peu timide dans les graves.
Balint Szabo s'inscrivait dans la tradition des grandes voix basses des pays de l'Est, en dominant les transes du « Libera Me ».
Mais, pour créer l'émotion, il faut le lien qui enveloppe et unit. En l'occurrence l'orchestre, les chœurs du festival (pourtant bizarrement éclairés) et la battue métronomique de Didier Lucchesi servant avec humilité et enthousiasme la puissante musique du maître italien.
Une nouvelle fois, Sanxay affirmait son histoire d'amour avec la musique et sa fonction première, qu'elle soit lyrique ou religieuse : donner du bonheur à ceux qui l'écoutent.
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=86&num=892768


La fabuleuse histoire des cafés littéraires : Le Florian

La fête littéraire à Venise
Par François Forestier
Sade, Stendhal, Byron, Colette, Morand, Melville, Proust, Chase: on ne compte plus les écrivains du monde entier venus, depuis trois siècles, boire un cappuccino dans le célèbre café de la place Saint-Marc.

La Littérature a le sein aguichant, le pied rond, la fesse sur un nuage. Encadrée par le Siècle illuminé et la Civilisation instruisant les nations, la Littérature, l’air lointain, feint de ne pas voir les garçons du Florian qui filent pour déposer une Sambuca Molinari ou une liquore di zabaione devant un client qui attend l’inspiration, crayon en main. Comment peut-on écrire dans le délicieux salon du Sénat, l’un des cabinets du café littéraire le plus littéraire du monde, orné de peintures allégoriques gracieuses, la Musique, l’Industrie, la Médecine ? Ici, Stendhal a jeté les notes de son « Voyage en Italie », Hemingway est passé en coup de vent avant de se saouler au Harry’s Bar, Henri de Régnier a consigné ses « Esquisses vénitiennes », et François Mitterrand, il y a peu, y décrétait: « Après, j’écrirai. » A Venise, ville où les pigeons marchent et les lions volent, écrire est naturel. Au Florian, où le Tintoret est un cocktail (pamplemousse et asti spumante) et le Tiepolo, un autre (fraise et asti), écrire est une obligation, hélas contredite par la langueur et cette divine mélancolie si… si… vénitienne. C’est ici que Dorothy Parker, pressée par son rédacteur en chef, trouva cette excuse géniale: « Le crayon était déjà pris. »

Sur la place Saint-Marc, les chaises s’étalent en ronds concentriques. L’orchestre, sur une petite tribune, malaxe une valse viennoise, que les galeries des Procuraties renvoient en écho mou. Un étudiant japonais, ordinateur ouvert, s’est installé dans la salle dite « du Chinois » pour écrire le grand roman du siècle. Il flotte une odeur de rose et d’artichaut, et le supplément pour la musique est de 6 euros. Colette, qui s’attablait ici en juillet 1915, dans une nuit noire menacée par un Taube allemand, observait que la ville sentait « le souffre, l’évier gras, le fruit tourné et l’égout riche », avant de déguster une glace vanillée apportée par « un génie nyctalope ». Aujourd’hui, le Florian est au calme: les photographes professionnels ont disparu, les touristes en pantacourt s’agglutinent autour de petits drapeaux, et un couple français, dans le salon des Hommes illustres du café, est au bord de l’invective. Elle: « Ah ben oui, je vais pas partir toute seule ! » Lui: « Si. » « Elle et lui », c’est le titre que George Sand a donné au livre dans lequel elle raconte le magistral cocufiage infligé à Alfred de Musset. Elle comptait parmi ses ascendants un roi de Pologne, une danseuse d’opéra, un tenancier d’estaminet, était cousine de Louis XVI et d’un maître oiselier du faubourg Saint-Antoine, ce qui l’autorisait sans doute à coucher avec le pâle docteur Pagello, « l’amico, il servitore, il cavaliere de la carissima et illustrissima signora ». Il est vrai qu’on vient au Florian pour l’amour, depuis longtemps. Amour des lettres, certes, mais aussi amour de la chair. D’où la déception de Flaubert, qui écrit en mai 1851 à Maxime du Camp: « Aucune foutrerie. » Il est agacé par le perroquet qui imite le cri des gondoliers: « Fà eh, capo die ! », qui provoque une certaine débandade.

Depuis bientôt trois siècles, ainsi, le Florian sert de rendez-vous aux littérateurs, cancaniers, viveurs (ah, le joli mot ! des viveurs !), poètes, conspirateurs, espions, cocodettes, masques et bergamasques. Sur une toile de Guardi, on les voit tous rassemblés, sensuels et vifs, buvant leur « eau nègre » dans cette botega da caffé. C’est la mode: en 1720, date de la fondation de l’établissement « Alla Venezia Trionfante », futur « Florian », le café fait rage. Ce breuvage importé d’Orient, « qui fait dormir quand on n’en prend pas », pousse les femmes à la lascivité et les hommes à la sodomie, selon un rapport scientifique de l’époque. Il n’en faut pas plus pour que tous les Vénitiens se précipitent. Les autres aussi. Jean-Jacques Rousseau, angoissé par la vérole, suit une courtisane qui s’étonne de son manque d’ardeur: « Lascia le donne, e studia la matematica ! » Montesquieu: « On est en compagnie du vice depuis le matin jusqu’au soir. Il y a un ordre de succession dans la volupté qui forme un enchaînement d’amusements frivoles… » Le Marquis de Sade, de passage avec sa belle-sœur, remarque qu’ici, « l’air qu’on respire est mou, efféminé, il invite au plaisir, surtout quand la marée est basse ». Tout le monde se croise au Florian, le plus estimé des trente-quatre cafés dénombrés en 1761 sur la place Saint-Marc. Tous les établissements – le Doge, l’Imperatore, le Tamerlano, la Dama Veneta, l’Orfeo – sont dûment surveillés par les « exécuteurs contre les blasphèmes » et les seigneurs de la nuit. Ceux-ci interdisent aux femmes de se rendre au café. Peine perdue: Floriano Francesconi, l’inventeur du Florian, continue à servir beaux et belles. A sa mort, en 1773, son neveu Valentino, contremaître de la corporation de l’« Arte dell’acquavite, ghiaccio e caffé » (art de l’eau de vie, de la glace et du café) fait lever l’interdiction. Il est vrai que le Florian est devenu un centre de renseignements: Gozzi y distribue la première gazette, Stendhal y apprend la défaite de Waterloo, et c’est là que lord Byron confie à Thomas Moore la parution posthume de ses Mémoires. Puis viendra Proust, avec sa maman…

En 1858, le Florian est vendu. Les nouveaux propriétaires refont la décoration: c’est celle qui agrémente, encore aujourd’hui, les murs. Miroirs dont le tain est magnifiquement rongé par l’air de la mer, peintures exotiques, négresse dénudée fumant la pipe, bois précieux sertissant des panneaux en verre de Murano, tables en marbre blanc, banquettes de velours fané, ors patinés: le Florian n’est plus un café, c’est une œuvre d’art. Tous les précieux s’y avachissent: Paul Morand regarde les pédérastes « bagués et roucoulants comme les pigeons de Saint-Marc » ; Abel Bonnard, maquillé et maniéré, admire les porteurs, qu’on nomme ici des faquins, et qu’il aimerait « faquiner ». Dans les années 1900, toute la gent littéraire parisienne campe au Florian, devant des punchs à l’alkermès (qu’est-ce que l’alkermès ? Mystère). Il y a là Henri de Régnier, « silhouette de peuplier effeuillé », Emile Henriot, Edmond Jaloux, Francis de Miomandre, Charles Du Bos, et, anonyme, Thomas Mann. Les uns collectionnent les cannes de jaspe et devisent sur le traitement réservé aux traîtres par la Sérénissime – on les enterrait vivants, la tête en bas, parmi les dalles de la place, ne laissant que leurs pieds dépasser. Les autres, comme jadis Goethe, s’extasient devant les chevaux de Trajan, « 800 kilos chacun ! », note Jaloux. Les Goncourt, entre deux cappuccinos, font l’énumération des reliques de la Basilique: un couteau utilisé au cours de la Cène, le bras de saint Georges, une côte de saint Etienne, un doigt de Marie Madeleine, deux petites châsses décorant autrefois le balcon de Ponce Pilate… Taine, lui, donne la vraie mesure du Florian: « On s’assoit ici dans de petits cabinets lambrissés de glaces et de riantes figures allégoriques. Les yeux mi-clos, on suit intérieurement les images de la journée qui s’arrangent et se transforment comme un rêve. On laisse fondre dans sa bouche des sorbets parfumés, puis on la réchauffe d’un café exquis. On fume du tabac d’Orient, et on voit arriver des bouquetières en robes de soie, gracieuses, parées, qui posent sans rien dire sur la table des narcisses ou des violettes. » Taine a compris: ici, on fait de la littérature, mais une littérature virtuelle, imaginaire, issue d’un songe. La léthargie s’empare de la main, comme le remarque Henri de Régnier: « La plume tremble entre les doigts et verse sur le papier blanc un large pâté noir. »

Rénové, repeint, meublé de neuf, à partir de 1858 le Florian ne bougera plus. Il s’enfonce dans une éternité grandiose≈: les écrivains passent, le cappuccino demeure. Pierre Loti, pommadé, vient y goûter la liqueur de rose et les « pièges pour la chair » ; Proust se délecte des « glaces en rayons de miel » ; Herman Melville mange des petits pains ; et les frères Ochsé, pâles poètes du siècle, se préparent à enterrer leur mère avec une lettre de Reynaldo Hahn entre les doigts de pieds de la défunte. Hahn, justement, s’attable au Florian avec des gestes de duchesse et fait le projet de chanter « la Biondina in gondoletta » sur une gondole avec un piano. Edmond Jaloux jette quelques impressions sur le papier: « Théophile Gautier s’assoyait là. Il achetait des fleurs, mais je ne sais pas s’il aimait les caramels. » Bientôt, Jean Lorrain va accourir, avec des « bagues qui ressemblent à des ganglions », précédé de sa réputation d’« enfilanthrope », de « fanfaron du vice ». Il viendra au Florian rafraîchir ses ardeurs qui le précipitent vers l’Arsenal, où l’attendent de vigoureux marins, tandis que, sur le chemin, des ragazzi sussurent: « Ciao, signore ! Un piccolo pompino ? »

Les années passent, le Florian demeure: Jean Giono s’y rend, la nuit, pour manger des seiches farcies, « quand l’orchestre a plié bagage ». James Hadley Chase y situe l’une des scènes de « Voir Venise et crever », sans avoir jamais mis les pieds en Italie. Henry James contemple les chaises sur la piazza, rassemblées comme « un promontoire sur un lac égal ». Le baron Corvo, flamboyant homosexuel, oublie sur les banquettes des pages de son grand livre, « le Désir et la Poursuite du tout », pressé d’aller rejoindre les gondoliers « aux poitrines absolument magnifiques ».

Aujourd’hui, le Florian est le cœur battant de Venise: le livre d’or rassemble les signatures de Jorge Luis Borges, de Primo Levi, de Jean-Paul Sartre et d’Annie Lennox. Daniela Gaddo Vedaldi, la propriétaire, a mené à bien un extraordinaire travail de restauration. « Chaque panneau, chaque boiserie, chaque miroir a été enlevé, délicatement nettoyé, et replacé », dit-elle. Le sel, qui avait rongé la pierre derrière les lambris, a été dissous. Des électrodes inversant la polarité électrique ont été insérés dans la maçonnerie, pour éviter les dépôts salins. Les salons dits « du Sénat », « du Chinois » et « Oriental » ont été démontés: corniches, frises, baguettes, rivets, appliques, lampes, planchers, tout a été mis à plat. « Après tout, l’eau n’est qu’à soixante centimètres en-dessous », remarque en souriant la signora Vedaldi. Là-dessus, pour éviter que l’endroit ne se transforme en musée, la maîtresse des lieux a incité des artistes modernes à faire des installations, et lancé une ligne Caffé Florian, avec des boutiques au bout du monde, Abu Dhabi, Dubai. Juste retour des choses≈: le café, d’origine arabe, revient au désert. Et, tandis que l’orchestre joue « Arrivederci Roma », l’ombre des écrivains en alpaga noir, canotier de bambou, gants de fil gris, cravates de piqué blanc, passe. On se laisse envahir par ces fantômes fin de siècle qui polissaient des rimes trop riches, publiaient des romans que nul ne feuillette plus, discutaient sans fin du romantisme, du naturalisme et de la foutrerie. C’était, selon Corvo, « un monde crépusculaire fait d’un ciel sans nuages, d’une mer sans rides, où tout est mauve, lavande, héliotrope, tiède, liquide, coupé de bandes de cuivre serti d’émeraudes, allant se fondre dans le bleu insondable d’yeux de paons rouant ». Regardez, regardez: n’est-ce pas Oscar Wilde, partagé « entre le cloître et le café », qui vient de s’installer à la terrasse du Florian, un œillet vert à la boutonnière ?

Venise est la Sérénissime, la fiancée de l’Adriatique, l’œil de l’Italie, le Chef régnant sur le quart et le demi-quart de l’Empire romain ; le Florian est son plus beau salon. Même Robert Benchley, savoureux humoriste new-yorkais, a dû en convenir. En arrivant à Venise, il a commencé par envoyer un télégramme à son éditeur: « De l’eau plein les rues. Que dois-je faire ? » Puis il est allé boire quelques Puccini (mandarine et asti), en remarquant que, du Florian, on pouvait presque entendre les touristes se confesser dans la Basilique, dans toutes les langues. Même en italien.

Hitler, paraît-il, est venu incognito se promener à Venise. S’est-il arrêté au Florian, pour écouter les chiacchiere (bavardages et médisances) ? A-t-il noté, comme les Goncourt, que l’endroit est « un tripot, un club, un forum, une académie de l’émeute » ? Ou, comme Gérard d’Houville (l’épouse d’Henri de Régnier), a-t-il soupiré d’aise en constatant qu’on n’est pas assailli par « cette musique barbare, ce jazz que les nègres américains ont apporté en 1917… » ? Ici, Stendhal a croisé Byron (« impossible d’avoir de plus beaux yeux ! »), le président de Brosses s’est penché sur le « tariffa delle putane di Venezia », D. H. Lawrence a goûté un limoncello. Les plus grands auteurs du monde sont passés au Florian, des chefs-d’œuvre y sont nés, des poèmes inoubliables y ont été conçus mais, diable, comment faire pour écrire ? Il convient de se laisser vivre, comme le dit Henri de Régnier, « en contemplant les dentelles de pierre de la basilique d’or ». On a beau demander du papier – monogrammé – et un crayon, on note quelques mots – héliotrope, pompino, alkermès – et puis, comme Chateaubriand, on soupire: « Que ne puis-je achever d’écrire mes Mémoires à la lueur du soleil qui tombe sur ces pages ? » On est dans un livre, dans mille livres. On dérive. Allons, il faut l’écrire, cet article. C’est promis: dans un moment, je m’y mets. Juste le temps de finir ce zabaione et… « Garçon ! Un altro, per favore ! »

A lire: l’excellent « Florian, Venezia 1720 », de Robert de Laroche, disponible sur www.caffeflorian.com.
« Venises », par Paul Morand, Gallimard, 1971.

« Histoires de Venise », dirigé par Sébastien Lapaque, Sortilèges, 1996.

« Le Roman de Venise », par Agnès Michaux, Albin Michel, 2000.

Balzac au Florian
« Le café Florian est à Venise une indéfinissable institution. Les négociants y font leurs affaires, et les avocats y donnent des rendez-vous pour y traiter leurs consultations les plus épineuses. Florian est tout à la fois une Bourse, un foyer de theâtre, un cabinet de lecture, un club, un confessionnal, et convient si bien à la simplicité des affaires du pays, que certaines femmes vénitiennes ignorent complètement le genre d’occupations de leurs maris, car s’ils ont une lettre à faire, ils vont l’écrire à ce café. Naturellement, les espions abondent à Florian, mais leur présence aiguise le génie vénitien, qui peut dans ce lieu exercer cette prudence autrefois si célèbre. Beaucoup de personnes passent toute leur journée à Florian ; enfin Florian est un tel besoin pour certaines gens, que pendant les entractes, ils quittent la loge de leurs amies pour y faire un tour et savoir ce qui s’y dit. » Balzac, « Massimilla Doni ».

Seiches farcies de Jean Giono
Recette des seiches farcies donnée à Jean Giono par un garçon du Florian: « Il faut hacher la salade et le cerfeuil avec une pointe d’ail. Le persil est très bon à l’homme: il donne une belle démarche. On coupe menu aussi les tentacules des petites seiches, on fait un coulis avec une pomme d’amour, de l’huile, et le foie cru de trois ou quatre gros rougets. La seiche est le seul fruit de mer qui demande l’assaisonnement de noix muscade. Cela vient de ce qu’elle se nourrit de petites boues qui flottent entre deux eaux, comme du lait. Il faut beaucoup de temps pour farcir les seiches mais, bien entendu, on a le temps. Ensuite, on les fait cuire à la poêle dans de l’huile qui ne doit pas grésiller. Cela ne s’appelle pas « frire », mais sborare. C’est un mot qui signifie quelque chose de dégoûtant. Mais celui qui est près d’une poêle où l’on fait sborare des seiches ne se soucie plus du sens du mot. » Cité par Jean Clausel dans «Venise exquise. Histoires gourmandes et recettes», Payot (2002).

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/07/31/la-fete-litteraire-a-venise


Grande journée de l'improvisation: un dimanche à la découverte d'instruments méconnus.

Sans la grande peste de 1631 à Venise, jouerait-on du cornet à bouquin plutôt que de la flûte à bec dans les écoles ? Le mystère demeure. La disparition tragique des rares virtuoses vénitiens, gardiens des secrets de cet instrument roi de la Renaissance, tendrait à l'attester. Cette corne percée de trous dans laquelle on souffle par une embouchure en corne requiert la technicité d'un grand flûtiste et le talent d'un trompettiste. Une nécessaire dextérité qui en aurait découragé plus d'un !

Quant à l'origine de son nom, deux hypothèses : la corne de bouc taillée des premiers modèles ou bocca, la bouche en italien. Peu nombreux donc très prisés de leurs contemporains, les cornettistes auraient même rendu jaloux Monteverdi de leurs émoluments supérieurs aux siens. Le point fort du cornet réside dans sa capacité à imiter la voix. Il servit longtemps à doubler les musiques vocales de l'Église. Instrument puissant, de plein air, « il se marie très bien avec le jazz ou la musique cubaine », confie la cornettiste Judith Pacquier. Mais la montée en puissance du violon à la même époque, plus haut et plus virtuose, va bientôt évincer le cornet des cours et le laisser sans descendance. Tel n'est pas le cas de la viole de gambe, instrument de chambre au son feutré qui part d'une idée simple : mettre un archer sur un luth. La viole fera une belle carrière entre les XVe et XVIIe siècles, avant que les goûts du public, portés sur les orchestres puissants, fassent d'elle la victime de sa sonnante héritière directe au sein des formations : la contrebasse. Des instruments à voir… et à écouter.
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2008/07/27/466150-Moissac-Le-cornet-se-marie-tres-bien-avec-le-jazz.html


Hartung, un abstrait oublié, retrouvé

A la Fondation Maeght, une rétrospective libre et réussie du grand peintre allemand exilé en France. Quand le peintre allemand Hans Hartung meurt à Antibes, en 1989, à 85 ans, son oeuvre n'est plus au premier plan. Elle l'a été auparavant, au plus haut point : cette figure centrale de l'abstraction est exposée en Europe et aux Etats Unis dans les années 1950, et il obtient le Grand Prix international de peinture à la Biennale de Venise en 1960. Puis la tendance s'inverse : moins d'intérêt, moins de musées en dépit d'une exposition au Metropolitan Museum à New York en 1975, à la Fondation Maeght, déjà, en 1971. C'est elle qui, à l'initiative de son directeur, Michel Enrici, revient sur Hartung en 250 oeuvres.
Source : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1044563&clef=ARC-TRK-NC_01

 


Architecture & littérature : écritures du monde", un dialogue Afex/AMC à Venise...

A l’occasion de la prochaine Biennale d’architecture de Venise, l’Afex (Architectes Français à l'export) organise, en partenariat avec la revue AMC, un dialogue sur le thème "Architecture & littérature : écritures du monde". Celui-ci se tiendra le 17 octobre 2008 au Palazzo Zorzi, siège vénitien de l’Unesco.
Devant un public composé d’une centaine d’architectes et autres intellectuels français et italiens, les intervenants deviseront sur l’apport de "l’ailleurs", du "voyage", dans leurs écritures tant littéraires qu’architecturales.

Christian de Portzamparc et Philippe Sollers poursuivront leurs échanges retranscrits dans le petit ouvrage d’entretiens "Voir, écrire"; Paul Andreu débattra quant à lui avec Erik Orsenna et Jean-Michel Wilmotte s’entretiendra avec Marek Halter.

Au cœur des échanges, nous leur poserons une série de questions : l’imprégnation d’autres cultures, la pratique de l’art dans un autre pays, modifient-t-ils votre écriture, comme architecte, comme écrivain? Comment, par quelles voies, la création se nourrit-elle des cultures du monde? Existe-t-il une écriture internationale, un style mondial? Quelle place occupent les villes du monde dans votre œuvre?
Source : http://www.lemoniteur.fr/actualite/architecture_maitrise_oeuvre/architecture_litterature_ecritures_monde_dialogue/D245422DC.htm


BIENNALE DE VENISE
John Landis et Johnnie To siégeront à Venise
18-07-2008

John Landis et le réalisateur et producteur de Hong Kong Johnnie To seront du nombre des sept jurys officiels de la compétition du Festival du film de Venise, a annoncé mercredi le directeur artistique Marco Mueller.

Les autres membres du jury – qui sera présidé par Wim Wenders – sont le grand scénariste russe Juriy Arabov, l’actrice italienne Valeria Golino, la jeune et talentueuse réalisatrice argentine Lucrecia Martel et l’artiste visuel écossais Douglas Gordon.

Le jury distribuera les principaux prix de Venise, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur acteur et de la meilleure actrice, du meilleur jeune acteur et de la meilleure jeune actrice, de la meilleure contribution technique et du meilleur scénario.

Au cours des deux dernières années, la compétition officielle de Venise était entièrement composée de premières mondiales.

Le festival a également annoncé les membres du jury pour les deux autres sélections principales: Horizons sera présidé par l’artiste et cinéaste belge Chantal Akerman, et la compétition Corto Cortissimo des courts métrages sera présidée par Amos Poe, figure de proue du mouvement No Wave Cinema.

La 65e édition du Festival de Venise aura lieu du 27 août au 6 septembre. La programmation complète sera annoncée le 29 juillet.
Source : http://www.canoe.com/divertissement/cinema/nouvelles/2008/07/18/6191016-ca.html


L'ironie des Papous

 

Marc Cassivi

Je ne vous ferai pas le plaisir d'extraits des courriels - certains parmi les plus fielleux reçus en 15 ans de carrière - suscités par ma chronique de jeudi dernier («En mission spéciale chez les Papous»). Vous lisez un journal familial. Je préciserai seulement que ce n'est pas toi que je traite de Papou, mon pauvre Bonhomme Carnaval. J'ironise. Pour mieux souligner l'absurdité de ta situation. Tu ne comprends pas l'ironie, mon vieux Ringo?

Aussi, chers lecteurs de la Sérénissime Capitale, je sais pertinemment que Van Halen a ouvert le Festival d'été, non pas les festivités du 400e. Or il se trouve que l'organisateur en chef du 400e est aussi le grand patron (en congé sans solde) du Festival d'été, qui a eu lieu (tiens, tiens) pendant les festivités du 400e. Et que Van Halen était la tête d'affiche has-been des activités du 3 juillet, la date exacte du 400e anniversaire de la fondation de Québec. Coïncidence? Je sais, je sais. Vous me prenez déjà pour un con.

Cette semaine, je m'en confesse, en lisant le soixantième courriel de bêtises venu du 418, je me suis dit que Québec méritait peut-être finalement le grand retour en ondes de Jeff Fillion (il a été pressenti pour l'émission du matin à TQS). Surtout que ce grand retour serait diffusé simultanément à Montréal. Il n'y a rien comme une caricature de Papou pour perpétuer les préjugés sur les Papous et consacrer leur statut de victimes perpétuelles. De l'ironie, Bonhomme. De l'ironie.

Venise à voir et à écouter

Ce ne sera pas qu'un récital. Ce sera aussi une projection. Et un documentaire. Mort à Venise, le récital que prépare le pianiste Louis Lortie pour le 2 août, au Centre d'arts Orford, aura ceci de particulier qu'il sera accompagné d'images, filmées par Mathieu Roy. Autant de vignettes conçues comme compléments aux oeuvres interprétées par Lortie et inspirées à des compositeurs par la Sérénissime, Venise.

Le projet est né de la rencontre du pianiste avec le jeune cinéaste, grâce à un ami commun, François Girard, à qui Mathieu Roy a consacré un documentaire en 2005, François Girard en trois actes. «J'ai d'abord travaillé sur le site internet de Louis, puis il m'a fait part de cette idée, explique Mathieu Roy. Il m'a fait écouter des pièces et m'a parlé des images que la musique lui inspirait. Mais il m'a laissé libre d'en faire ce que je voulais, avec une volonté que ce soit abstrait.»

C'est en hommage à Venise que Louis Lortie a décidé d'interpréter des oeuvres de Debussy, Liszt, Chopin et de compositeurs vénitiens (Nono, Sciarrino, etc.), eux aussi inspirés par la ville. Il interprétera entre autres La Lugubre Gondole, de Liszt, ode à Richard Wagner, mort à Venise, dont Liszt avait eu, semble-t-il, une prémonition du décès.

Selon Mathieu Roy, il s'agira de la première fois qu'un pianiste solo utilise des images filmées spécifiquement à cet effet à l'appui d'un récital, une technique de plus en plus usitée dans le monde de la musique populaire.

Ce «concert visuel», dont j'ai pu voir quelques extraits cette semaine, s'annonce particulièrement poétique. Images abstraites ou réalistes, évoquant Venise grâce à des effets variés, comme ces fondus enchaînés de tableaux de Manet, Monet et Turner, fort réussis, qui s'illuminent sur une musique de Fauré en devenant des monuments de la Cité des Doges.

Mathieu Roy a tourné ces images en deux temps à Venise, en décembre dernier, puis à la fin mai. Le style est tantôt sobre, tantôt éclaté, les images épousant parfois le rythme de la musique, pour un tour guidé en crescendo, entrecoupé de portraits de Vénitiens.

Le cinéaste prépare en filigrane un documentaire sur ce projet vénitien, qui doit ouvrir le Festival international du film sur l'art (FIFA), le 19 mars prochain. On y verra Louis Lortie au piano, dans des séquences filmées dans la salle de concert privée du pianiste, ingénieur et concepteur Paolo Fazioli, à 60 km de Venise, et expliquant l'influence de la ville sur les différents compositeurs.

Mort à Venise sera présenté en avant-première au Festival Westben, en Ontario, le 29 juillet, puis le 3 août à Ottawa, au lendemain du récital d'Orford. À entendre donc. Et à voir aussi.
Source : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/200809/08/01-665985-lironie-des-papous.php

 


Connaissez-vous le Le carnaval de Zante ?

L’île de Zante accueille un magnifique carnaval tous les ans en août. Cette fête dure près de deux semaines, mobilise les habitants presqu’à temps plein et attire des centaines de visiteurs venus de toute la Grèce. Il s’agit d’une reprise du fameux carnaval de Venise, qui s’achève sur la grand place par les “Funérailles du masque”, représenté par le Roi Carnaval, suivi du cortège des parents endeuillés.
Source : http://www.cafebabel.com/fre/article/25532/festivals-trash-et-absurdes.html


Joseph Mallord William TURNER (1775-1851) [juil. 08]

A partir du 1er juillet 2008, le Metropolitan Museum of New-York organise la plus grande rétrospective américaine de l´œuvre de William Turner depuis 40 ans (J. M. W. Turner du 1er juillet au 21 septembre 2008). Marines, paysages, scènes historiques, tous les sujets prisés par l´artiste sont présentés. L´exposition est réalisée en association avec la Tate Britain Gallery qui a prêté une grande partie des œuvres exposées. En effet le musée londonien administre le fond Turner qui provient essentiellement du leg dont la Couronne Britannique avait bénéficié à la mort de l´artiste.

S´il commence sa carrière en parcourant la campagne anglaise, il profite de la paix d´Amiens signée en 1802 pour découvrir les rivages de la France, les douces luminosités des pays de la Loire, et surtout Venise où il reviendra à trois reprises. Ces multiples voyages sur le continent firent évoluer sa perception du réel presque jusqu´à l´abstraction. En effet, ses paysages atmosphériques reproduisent une lumière vibrante estompant le sujet dans une brume colorée. "Le peintre de la lumière" bénéficia d´une renommée précoce en Grande- Bretagne puisqu´il fut exposé pour la première fois à la Royal Academy en 1796 et élu académicien à seulement 27 ans. Paradoxalement c´est également son approche de moins en moins académique du paysage qui valurent à ses œuvres tardives la qualification de "Folies" par ses contemporains. Son travail de maturité fut si novateur qu´il fallut attendre presque vingt ans avant que Claude Monet ne s´en inspire à la suite de son voyage en 1870 dans les îles britanniques. Ce qui lui valu d´être souvent considéré comme "précurseur de l´impressionnisme".

Avant 2006, la cote de William Turner était aussi stable que celle des paysagistes anglais du XIXème siècle dans leur ensemble. Elle s´en écarta par la vente spectaculaire en avril 2006 de Giudecca, La Donna della Salute and San Giorgio, une veduta adjugée pour 32 millions de dollars chez Christie´s New York. L´œuvre avait été vendue une première fois en 1841 par Elhanan Bicknell à l´occasion de l´exposition annuelle de la Royal Academy. Au XIXème siècle, la pièce avait déjà été vendue en salles ventes et, après plusieurs ventes privées, avait fait l´objet d´une donation à la Fondation Saint François d´Assise qui l´a remise en vente en 2006.
Le thème des Vedute est particulièrement prisé aux enchères ; tous les emblèmes architecturaux de Venise ont été repris par William Turner avec de légères imprécisions géographiques concernant leur disposition les uns par rapport aux autres. On distingue : San Giorgio Maggiore, le Palais des Doges, Santa Maria della Salute, l´église des Zitelles, les tours du Redentore ou le Campanile de Saint Marc. La maîtrise technique, le choix du sujet ainsi que le traitement caractéristique de la lumière justifient le caractère exceptionnel de ce résultat.

Cette adjudication a provoqué un regain d´intérêt pour le maître paysagiste. Sa cote s´est envolée depuis. Selon Artprice, elle a progressé en moyenne de +1 000% ! Cette explosion des prix est matérialisée par la multiplication d´enchères millionnaires. En 2007, huit de ses œuvres ont atteint ce seuil, dont sept aquarelles. Avant 2001, jamais une feuille de l´artiste n´avait atteint ces niveaux de prix. Parmi les plus remarquables résultats, soulignons les 2,6 m£ (5,3 m$) décrochés en décembre 2007 chez Sotheby´s London par Bamborough Castle, une aquarelle de 1827 restée pendant près de 30 ans, à la fin du XIXème siècle, le record pour une aquarelle de William Turner. A ce jour, celui pour une œuvre sur papier est The Blue Rigi, Lake of Lucerne, Sunrise, une petite aquarelle de 45 cm de côté arrachée 5,2 m£ (9,8 m$) en juin 2006. Cette œuvre est considérée comme des œuvres les plus abouties. La progression du prix de The Lake of Thun, Switzerland illustre parfaitement l´engouement dont William Turner est désormais l´objet. Acquise 230 000 £ en 1997, l´œuvre avait été revendue tout juste 300 000 CHF (130 000 £) en Suisse en 2005. Elle a de nouveau changé de main en juillet 2007, mais cette fois pour 800 000 £ chez Sotheby´s Londres.

Le marché de William Turner ne se dispute pas uniquement à coups de millions de dollars. Parmi la trentaine de feuilles dispersées chaque année aux enchères, nombreuses sont celles qui ne dépassent pas les 100 000 $. Mais pour ce prix là, l´amateur se rabat sur des petites esquisses moins abouties, voire des lavis. Le 5 juin dernier, chez Sotheby´s London, View of the Colosseum, Rome, un petit lavis à l´encre bleue et grise réalisé vers 1795, à l´âge de vingt ans, est parti pour £9 500 (18 600$). Le même jour, une autre œuvre de jeunesse à l´encre, Boats in the Harbour at Dover, a été vendue 14 000 £. Plus colorée, mais plus simplement composée, l´aquarelle Open Landscape with a Kiln and Mountains Beyond, réalisée à tout juste 23 ans, a été adjugée 24 500 £.
Source : http://www.artmarketinsight.com/fr/art_article.aspx?id=46


 

Envie de feuilleter dans une BD quelques paysages de la Ville de Venise ?
Forget Me Not de Tsuruta (Kenji) aux éditions Casterman, vous permettra de découvrir dans une Bd Venise, la ville. Certaines, dans leur style et leur sujet, font penser à la Venise d'Hugo Pratt pour Corto Maltese. A découvrir également.


Publié le 10/07/2008
Poche - Le cercle des « Grands détectives » s'agrandit
Hiver 1862.
Deux cadavres retrouvés nus à bord de l'« Archiduc Sigismund ».
Automne 1863.
Une jeune fille poignardée dans un appartement du rio de la Verona. Dans la Venise tombée aux mains de l'empire autrichien, le commissaire Alvise Tron a un véritable écheveau à dénouer pour résoudre ces deux affaires. Aristocrate n'ayant de fortune que son titre, cet enquêteur en haut-de-forme et redingote, qui édite de la poésie quand il ne démasque pas les criminels, est le héros d'une série dont les deux premiers opus font déjà attendre les suivants. Nicolas Remin joue à la perfection des atouts d'un décor digne de la Fenice. La ville aux mille impasses est le théâtre rêvé pour éprouver le talent des plus fins limiers. Alvise Tron est de ceux-là.
Deux enquêtes dans la cité des Doges à glisser dans ses poches « L'impératrice lève le masque » et « Les fiancés de Venise », de Nicolas Remin, traduits de l'allemand par Frédéric Weinmann (10/18, 352 et 384 pages, 7,90 E).
Référence : http://www.lepoint.fr/actualites-litterature/le-cercle-des-grands-detectives-s-agrandit/1038/0/259579

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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